Bienvenue chez Morgane et Faragas !
Il était une fois une petite fille prénommée Emi. Elle vivait avec sa grand-mère, sa mère et sa tante dans une chaumière perdue en pleine forêt. Chaque jour Emi empruntait seule un sentier à travers bois pour se rendre à l'école du village. Loin d'être déplaisante, cette errance entre deux mondes était une pause entre deux masques. Bien qu'elle jouât ses rôles d'élève discrète ou d'amie fidèle à merveille, ce qui lui valait d'être appréciée de tous, elle ne se sentait réellement elle-même que durant ces trajets.
Sa famille, quant à elle, vivait totalement coupée du monde. Il faut dire que ces trois femmes ne partageaient qu'un seul et même corps sur lequel étaient fixées leurs trois têtes. Peu après la naissance d'Emi, son aïeule avait absorbé ses deux filles pour ne jamais plus en être séparées.
Cette figure maternelle au triple visage avait élevé la petite fille dans la doctrine de l'amour exclusif. La certitude que "les autres" étaient futiles, vains et que seul le confort du foyer familial apportait la sérénité, avait grandit en elle au fil des ans.
Mais un jour, sur le chemin de l'école, Emi découvrit une marque gravée sur un tronc. En s'approchant pour l'inspecter de plus prêt, elle distingua une marque ressemblante sur un autre arbre quelques mètres plus loin. Elle sonda alors les alentours et vit d'autres symboles qu'elle se mit à suivre. Elle s'enfonça ainsi dans la forêt jusqu'au point le plus sombre et brumeux.
La lumière du soleil filtrait à peine à travers l'épaisse végétation, mais Emi discerna tout de même une silhouette humaine assise sur un rocher. Elle s'en approcha comme irrésistiblement attirée. L'autre, nullement surpris, se leva, se tourna vers elle et se présenta : "Bonjour. Je m'appelle Morgane. Et toi, qui es-tu ?"
Elles se mirent à se dévoiler l'une à l'autre comme si elles s'étaient toujours connues. Morgane était une jeune fille au teint pâle, à la longue chevelure d'ébène et au regard plein d'une infinie tristesse. Elle vivait seule dans cette partie reculée du bois, sur laquelle courraient de nombreuses et inquiétantes légendes tenant les gens à distance. Emi se sentit immédiatement en confiance auprès de cette inconnue. Ce sentiment était nouveau pour elle mais elle s'y abandonna entièrement. Quand le crépuscule s'annonça, elle se résolut à rentrer chez elle la mort dans l'âme.
Le lendemain, Emi se leva de bonne heure, bien décidée à se rendre à l'école. Mais une fois à quelques centaines de mètres de l'orée du bois, une puissante angoisse la saisie. L'idée de se retrouver enfermée dans cette ville, cette salle, ce rôle, était insurmontable et ses pas la guidèrent tout naturellement vers sa nouvelle amie. Ce phénomène se reproduisit chacun des jours suivant.
Durant leurs longs entretiens, la petite fille et l'adolescente tissèrent des liens très étroits. Morgane lui dépeint le monde féerique avec lequel elle était en contact, comment elle personnifiait chaque élément de la nature pour s'en faire un ami ou un ennemi et surtout comment elle cultivait cette tristesse quasi permanente pour en faire une source inépuisable d'inspiration. Emi quant à elle, lui raconta son enfance passée auprès de ses drôles de mères et la façon dont elles avaient bâti un mur invisible tout autour d'elle. Elle énuméra de nombreuses anecdotes qui illustraient la culpabilisation systématique qu'on lui faisait ressentir en cas de réussite.
Un jour, Morgane annonça à Emi qu'elle avait besoin de changer d'air, et qu'elle allait partir dans une autre région. Avant qu'Emi aie pu émettre une quelconque protestation, elle lui demanda solennellement de la suivre dans cette épopée. Surprise, la fillette fut saisie par le doute. C'est alors que son amie révéla ce qu'elle pressentait depuis quelques temps déjà, à savoir que sa grand-mère prévoyait de l'absorber à son tour. Pour la convaincre elle rappela à la petite fille, sous un angle nouveau, tout ce qu'elle lui avait confié et tout s'éclaircit. C'était évident. On l'avait destinée à rester auprès de sa famille pour toujours et ce n'était pas ce qu'elle voulait. Emi ne rentra donc pas ce soir là mais partit avec Morgane vers de nouvelles contrées.
Leur errance solitaire les mena dans des lieux de plus en plus sinistres. L'idée de la mort les guidait. Une profonde mélancolie les enveloppait. Mais elles y puisaient une grande liberté. Quand elles croisaient parfois quelques chasseurs égarés, Morgane s'abandonnait à eux et se laissait aimer pour la nuit. Le réconfort d'être touché par un être de chair était si doux. La nature leur prodiguait tout ce dont elles avaient besoin. Ce voyage aurait pu durer toujours, mais une année, une terrible sécheresse sévit dans tout le royaume. Les arbres se mirent à mourir et les jeunes filles ne trouvèrent alors plus de quoi survivre au sein de leur forêt. Il leur fallut rejoindre la société des hommes.
Quand elles arrivèrent à l'orée du bois, elles se heurtèrent à un épais rempart de ronces. Elles le suivirent pendant une heure, espérant rencontrer une brèche, mais en vain. La faim les tiraillait tant qu'elles se décidèrent à appeler à l'aide. Leurs voix s'élevèrent à l'unisson pour porter leur prière. Soudain elles perçurent un son étrange provenant de l'autre côté du mur végétal. Puis les branches se mirent à trembler et enfin une épée jaillit du feuillage. En quelques secondes un passage fut taillé à travers la haie et une femme entièrement recouverte d'une armure rutilante se tenait debout devant elles. "Vous avez demandé de l'aide ?"
Après les présentations, la chevalière les amena au village le plus proche et s'attela à leur trouver des victuailles. Emi et Morgane étaient totalement perdues parmi la foule. Trop de couleurs, trop de bruit, trop d'odeurs, trop d'agitation… Quand tout le monde fut rassasié, la chevalière leur proposa de s'installer chez elle ce qu'elles acceptèrent bien volontiers. La vie prit alors un cours plus tranquille. Leur nouvelle amie prit en main toute la gestion de leur quotidien. Elle travaillait, faisait les courses, s'attelait aux tâches ménagères. Tout ce qui devait être fait était fait et bien fait. La chevalière n'avait peur de rien, ni de personne. Mais plus le temps passait, et plus elle faisait preuve d'intransigeance et d'agressivité envers tous ceux qui l'entourait. Il lui arrivait même parfois de combattre pour des causes sans réelle importance.
C'est alors qu'un soir, sous un rayon de lune, les trois jeunes filles découvrirent dans le jardin de leur maison une graine de taille singulière. Elles sentirent immédiatement que cette semence avait quelque chose de spéciale. Elles allèrent chercher le meilleur terreau, choisirent avec soin un pot de terre cuite et y nichèrent leur nouveau trésor. Elles se rendirent ensuite à la bibliothèque prendre des renseignements sur la botanique. Elles y découvrirent un ouvrage mentionnant une sorte d'incantation à répéter à la plante pour encourager sa croissance. Elles se relayèrent donc auprès de leur graine pour l'arroser et réciter.
Toutes ces attentions finirent par payer et après quelques semaines un splendide bouton de rose s'épanouit. Mais si la pousse avait étérelativement rapide, l'éclosion se faisait attendre. Emi, Morgane et la Chevalière s'armèrent donc de patience. Elles scrutaient chaque jour la plante pour noter le moindre signe annonçant la floraison, mais surtout elles redoublèrent leurs égards. Et enfin, par un beau matin baigné de soleil, le miracle se produisit. Les trois amies étaient réunies quand la rose commença à se déployer. Soudain des rais de lumières mauves percèrent entre les pétales et apparue au coeur de la fleur un petit être ailé qui s'étirait en tout sens. Quand l'intensité diminua, elles purent détailler cet étrange phénomène.
Une femme d'une taille minuscule, aux ailes et au corps lumineux se tenait debout devant elles. Soudain, elle s'exclama d'une voix claire et forte : "Oh merci ! Merci pour tout ! C'est si bon d'être incarnée ! Je m'appelle Lili. Comme vous l'avez sûrement deviné je suis une fée et c'est vous trois qui m'avez donnée vie. Je vous en suis très reconnaissante. Si vous avez une petite place dans votre maison et votre cœur, je serais plus que ravie de faire un bout de chemin à vos côtés." Une fois la surprise passée, les filles lui souhaitèrent la bienvenue et, ensemble, elles entamèrent le premier jour du reste de leur vie.
De nombreuses personnes t'ont trop de fois pratiquées,
Quelques uns t'ont choisis, d'autres t'ont endurée,
Ton brouhaha résonne, dans les lointaines contrées,
C'est pourtant loin d'ici, que tu t'es installée.
***
En ton sein les gens luttent, défendant la liberté,
Parfois tels des brutes, c'est la triste vérité.
Il faut reconnaître, que parfois nécessaire,
Tu viens pour mettre l'ordre sur la terre.
***
Les guerriers marchent en meute, assemblés tels des clans,
En route ils rameutent, quelques nouveaux partisans.
Le combat approche, effrayants les peureux,
Retentissez cloches, avisez courageux !
***
Ce craignez pas l'ennemi, il est tout aussi mortel,
Que le seront vos amis, dans cet illustre duel.
Faites entrer les enfants, qu'ils restent à l'abri,
Sortez les du mitan, loin de cette folie.
***
Equipez vous d'armures, seller vos fiers chevaux.
Embrassez vos femmes, et aussi vos marmots.
Séchez leurs figures, de leurs tristes sanglots.
Attrapez vos armes, puis partez à l'assault.
***
L'envahisseur avance, brûlant quelques bourgades,
Leurs maigres défenses, pouvait sembler bien fade.
Les combattants viendront, ils arrivent bientôt,
Arborant leurs blasons, et leurs portes drapeaux.
***
Prenez gardes mécréants, la bataille est ce soir,
Les cavaliers, mors aux dents, viennent chercher victoire.
Ils seront sans pitié, contre leurs adversaires,
Aucun intéressé, ne fuira ce cimetière.
***
Les quelques survivants tenteront de fuir,
Bien malheureusement, ils devront sentir,
Le souffle d'une flèche, tirée loin par un archer,
Qui fera une brèche, dans leurs pourpoints lustrés.
***
Les défenseurs ont gagnés, pour cette fois du moins,
Pourtant le prix à payer, demeurera néanmoins,
Triste et bien trop cher, les veuves pleurant sur
Leurs aimés mis en bière, pour une guerre obscure.
Voilà cinq ans que je l'attends,
Cette délivrance de mes sentiments,
Tant de temps déjà écoulé,
A pleurer sur un amour passé.
***
Longue ne parut pas l'attente,
Même si désormais je m'impatiente,
De rencontrer cette promise,
Pour qu'enfin cette plaie cicatrise.
***
Trop longtemps tourné vers l'arrière,
Il me faut ôter cette muselière,
Qui depuis de nombreuses années,
Freine mes sentiments de s'exprimer.
***
Sortis tout juste d'un songe,
Où la vie ne semblait que mensonge,
Il me faudra dorénavant,
Tourner mes yeux vers le présent.
***
Longue se profile la route,
Et quand bien même, si je la redoute,
Mieux vaut pour moi que je m'y risque,
Avant que le temps ne me la confisque.
***
Il me faut reprendre ma vie,
Et étouffer ce qui gêne mes nuits.
POur qu'à mes futurs éveils,
Je puisse me délecter des merveilles.
***
Ces femmes qui croisent ma vue,
Qui pourtant demeuraient inaperçu.
Celles qui toujours voilées,
L'étaient par mes sentiments passés.
***
Peut-être le prochain poème,
Parlera-t-il de cette belle,
Celle à qui je dirais "je t'aime",
Ma future relation passionnelle.
A ton contacte, futilité, je me suis découverte envieuse et même paranoïaque. Tu possèdes tout ce qui me semble à jamais inaccessible. Pire encore, tu ébranles les valeurs sur lesquelles j'ai fondé ma vie jusqu'à aujourd'hui. Comment pourrions-nous être amies ?
Bien entendu tu n'es en rien coupable. Ce ne soint que de fâcheuses conséquences que ni toi, ni moi ne pouvons maîtriser. Je te jure que je me suis débattue, encore et encore contre ce sentiment d'hostilité à ton égard, mais en vain. Mon petit univers se sent par trop menacé par ce que tu es, la façon dont tu mènes ta vie, qui me sont en tous points opposés.
La vacuité de ton âme, le culte agité que tu lui voues, tout comme tes opinions si arrêtées malgré une absence totale de fondement, me serraient supportables si ce n'était l'aplomb avec lequel tu les assumes. Pas un souffle de doute ne vient troubler la paix de ton esprit.
Même quand ce vide t'interdit les joies de la solitude en y associant des angoisses terribles, tu te contentes d'être toujours accompagnée. Tu ne connais aucune remise en question.
Petite bulle de savon aux couleurs arc-en-ciel qui se ballade au gré des courrant d'air, j'envie ta légèreté, ton absence de gravité.
Ce qui offense ma raison, ma conception de l'existence, c'est que tu ne sembles ni plus ni moins malheureuse que je ne le suis. Tu t'épanouis au sein du néant, tu erres à l'aveugle sans but réel. Et moi qui ne suis que doute et exploration de l'âme humaine, je reste comme fascinée devant un tel prodige, comme si j'assistais à la vie miraculeusement banale d'un homme sans tête.
De plus, je ne sais si tu as été vouée à un insatiable optimisme par l'insolente indulgente de la fortune à ton égard, ou si ton sourir radieux dissimule à merveille quelques blessures mais tu sembles incapable d'éprouver de l'empathie, d'entendre et de partager la souffrance.
Dans ces conditions, il me semble illusoire de tenter de tisser des liens suffisemment solides pour resister à de telles différences fondamentales. Contentons-nous de suivre la voie que nous nous sommes respectivement choisie en se souhaitant bonne chance.
Petit animal tout de poils vêtu,
Tu parais bien trop mignon pour être honnête.
Tu captes les yeux du tout venu,
Lorsque dans l'herbe tu furetes.
***
Curieux tu es, mais pas uniquement,
Pour celui que l'on baptise passant.
***
Bête trop étrange pour être reconnue,
En t'appercevant, quelques badauds s'arrêtent.
Combien de fois comparé seras-tu ?
A celle que l'on nomme belette.
***
Méfies-toi du prédateur géant,
Plus communément appelé l'enfant.
***
Les mains des bambins si délicates et menues,
En sy méprenant, ressemblent à des crevettes,
Un fugace morceau de viande crue
Achèverait ta longue disette.
***
Même si tu ne parais pas bien méchant,
Très mal pourrait faire un coup de dents.
***
Dressé sur tes petites pattes griffues
Sur tes gardes, j'imagine que tu guettes,
Les attaquent provenant du dessus,
Car c'est la technique des chouettes.
***
Gares aux nuisibles, tout aussi méchant,
Lesquels attendent le propice instant.
***
Tu recherches grâce à ton museau pointu,
Quelques chose de cacher dans mes baskets.
Mais enfin quand comprendras-tu ?
Que je n'y laisse pas mes chaussettes.
***
Ta curiosité fait rire les gens,
Bien que pour certains ce soit navrant.
***
Tu te grattes frénétiquement au dessus,
De ce qui paraît être ta maisonnette.
Le bourdonnement ainsi obtenu,
Rime à celui d'une mobylette.
***
Bien que parfois ce soit très énervant,
Ce brouhaha n'est pas assourdissant.
***
La chose dont tu demeures le plus féru,
C'est quand une personne à peine distraite,
Ne perçoit pas que tapis à l'affût,
Tu attends une porte entrouverte.
***
Tu possèdes ce petit air quand,
Tu rêves de fouiller l'appartement.
***
Soudain, un nouveau royaume tant attendu,
Réveille chez toi des envies de conquête.
Ainsi, tu t'y jettes à corps perdu,
Sans les tambours ni les trompettes.
***
Rien lors de ce merveilleux instant,
Ne risquerait de freiner ton élan.
***
La curiosité est ta plus grande vertu,
Quand d'une manière souvent peu discrète,
Tu cherches le coin le plus incongru,
Pour t'y bâtir une cachette.
***
Ne prends pas tout de même trop de temps,
Si tu veux découvrir plus avant.
***
Tu optes pour les coins les plus exigus,
Quelquefois lové au creux d'une serviette,
Tantôt sous un drap, sous un pardessus,
Mais la meilleure reste la couette.
***
Tu ferais rire jusqu'au nonchalant,
Quand tu promènes clopin-clopant.
***
Soudain, mes oreilles entendent un cri suraigu,
Je viens de faire une boulette,
Peut-être que je t'ai marché dessus,
Car entre mes jambes, tu empiètes.
***
Ce n'est qu'un malencontreux accident,
Qui peut arriver malheureusement.
***
T'avoir à la maison est un travail ardu,
Surtout quand tu arrives jusq'aux toilettes,
Si tu y trouves un rouleau de PQ,
Tu le métamorphoses en paillettes.
***
C'est ainsi, sur ces ultimes vers amusants,
Que le poète, achève ce récit édifiant.
Obsession de nombreuses personnes,
Sur mes papilles, ton goût résonne,
Pourtant lié à la malnutrition,
De tous les gens tu captes l'attention.
***
Présent sous de nombreuses formes,
Trop te consommer nous rend énorme.
Beaucoup de personnes en ont fait les frais,
Avant d'apprendre que tu es mauvais.
***
Partout les femmes te font la chasse,
Pourtant sans toi la vie est amère.
Tous les hommes te dévorent en masse,
Car tu ne coûtes pas bien cher.
***
Sucre blanc, brun, de canne ou de glace,
Devant toi les autres goûts s'effacent.
Mais c'est sous ta forme vanillée,
Que tu restes le plus édulcoré.
***
Tous les matins, quand je prends mon café,
Je me surprends parfois à t'oublier.
Heureusement tu n'es jamais très loin,
Tu résides là dans un petit coin.
***
Souvent copié mais jamais égalé,
Tu seras pour toujours le met,
Des petits et des grans, le plus aimé,
Car ton goût vivra, toujours parfais.